Hyperconnectivité / Hiperconectividad
Le filtre Nymphe de Kloé Montreuil
À l’ère des filtres numériques en réalité augmentée (RA), des avatars et des réseaux sociaux, les jeunes grandissent dans un monde où l’image de soi est constamment façonnée par la technologie. La quasi-totalité des jeunes Canadiens dispose d’un téléphone intelligent et navigue quotidiennement sur les espaces sociaux en ligne. À ce jour, la directive du ministère de l’Éducation du Québec, Canada, est d’interdire les cellulaires dans les établissements scolaires, témoignant du défi de maitriser l’impact des pratiques de navigation sur Internet chez les élèves. Pourtant, les environnements numériques jouent un rôle central dans leur socialisation, leur construction identitaire et leur perception de soi.
Entre 2017 et 2025, Meta Spark Studio permettait aux utilisateurs de créer du contenu gratuit en AR. Ainsi, des milliers de créateurs ont contribué, sans rémunération, à lancer de nouveaux filtres et à fournir des données à Meta. D’après les documents partagés par la multinationale, Mark Zuckerberg s’est opposé en 2019 à la suppression des filtres de beauté sur ses différentes plateformes, malgré des mentions de risques pour la santé mentale des jeunes. En effet, Meta sait que, chez les utilisateurs d’ Instagram, 22% des adolescent.e.s ont des sentiments négatifs par rapport à leur corps et que la plateforme renforce leurs sentiments (The Wall Street Journal, 2021).
Ainsi, l’utilisation de la plateforme de Meta et des filtres en RA dans un contexte pédagogique et artistique peut soulever plusieurs questions. En classe d’arts plastiques et médiatiques, ces interrogations peuvent être une porte d’entrée pour de la sensibilisation et de l’intervention : interroger les élèves sur leur expérience avec les filtres sur les médias sociaux, quelle en est leur utilisation ? Comment se sent-ils après en avoir vu sur leur visage ou sur celui des autres ? Quels changements devraient être faits sur les médias sociaux pour qu’ils soient plus éthiques ?
Plutôt que de se limiter à consommer des images ou à reproduire les standards de beauté véhiculés en ligne, les jeunes peuvent développer une utilisation plus consciente des médias numériques et un regard critique sur les images qu’iels consomment, produisent et partagent par l’implication d’ateliers de création de filtres en RA. Les créations seront des assemblages d’objets plastiques créés par les participants puis numérisés et des artefacts numériques .
La plateforme open source proposée pour la création de filtres est MindAR Studio . Le site permet la création sans code et est indépendant des réseaux sociaux, donc son utilisation est plus éthique que sur d’autres plateformes qui demanderaient aux participant.e.s de se créer des comptes sur les réseaux sociaux. La plateforme MindAR a été partagée par l’artiste mexicain Mel Izanami lors de l’Atelier La réalité des outils coloniaux au centre Perte de signal (Montréal, Québec, Canada).
Code Snapchat vers le filtre Nymphe de Kloé Montreuil
Ces démarches s’inspirent également des filtres en RA de l’artiste Kloé Montreuil. L’artiste interroge les modes de représentation du corps à l’ère du numérique, les formes de médiation technologique et la transmission des récits personnels à travers des dispositifs symboliques et performatifs qui privilégient les formes indirectes, les métaphores et les détournements.











