Le Jeu (selon Winnicott) – el juego (según Winnicott)

Dans Jeu et réalité (1975), Winnicott conçoit le jeu comme une activité spontanée qui émerge dans un espace intermédiaire entre le monde intérieure (qu’on peut également qualifier de fantaisie) et la réalité extérieure (qui est d’ailleurs, dans une certaine mesure, vécue subjectivement quand même). Cet espace, qu’il nomme espace potentiel, permet à l’individu d’explorer, d’expérimenter et de créer – mettre au monde – sans être soumis aux contraintes strictes perçues de la réalité objective.

Pour Winnicott, le jeu (libre) est fondamental pour le développement psychique, car il constitue le lieu privilégié où la créativité peut s’exprimer.

“ C’est en jouant, et seulement en jouant, que l’individu, enfant ou adulte, est capable d’être créatif et d’utiliser sa personnalité tout entière. C’est en étant créatif que l’individu découvre le soi. ”

Le jeu (libre) n’est pas seulement une activité infantile ou récréative : il représente une modalité essentielle de l’expérience humaine, à partir de laquelle émergent la créativité et les formes d’expression artistique. En outre, Winnicott le qualifie de mode d’existence.

En anglais, on différencie le « game » du « play ». Le « game » représente les jeux avec des règles et des conditions à suivre. Il impose un cadre que le ou les joueurs doivent suivre pour arriver à un objectif donné. En contrepartie le « play » est ce qu’on qualifie de jeu libre ; spontanée, engagée, relativement libre d’exigences externe et généralement sans objectif extrinsinque.

Toujours selon Winnicott, en psychothérapie, et en particulier dans la thérapie par les arts, l’espace potentiel est l’endroit où le thérapeute et le client (que Winnicott, psychiatre, appellait patient) doivent se rencontrer pour vraiment être capable de faire un travail thérapeutique optimal menant à un meilleur bien être. Il parle de superposition de ces deux aires de jeu appartenant à cette dyade. L’objectif de ses thérapies devient donc d’amener les personnes à restaurer leur capacité à jouer, parce que lorsqu’on perd sa capacité à jouer, notre expérience de vie devient « mécanique » et le self devient plus défensif.

Références

en francais

Winnicott, D. W. (1975). Jeu et réalité. Gallimard.

en anglais

Winnicott, D. W. (1971). Playing and reality. Tavistock.

en espagnol

Winnicott, D. W. (1982). Realidad y juego. GEDISA.

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