Stéganographie
Le terme « stéganographie » est inventé, ou du moins nommé pour la première fois, en 1499 par Johannes Trithemius dans son ouvrage intitulé Steganographia . Cette appellation dérive de deux mots grecs : stegos , qui signifie « couverture », et graphia , qui signifie « écriture ». La stéganographie peut ainsi être définie comme l’art de l’écriture dissimulée ou invisible.
Souvent associé, voire confondue, avec la cryptographie , qui consiste à rendre le contenu d’un message illisible pour quiconque ne possédant pas la clé de déchiffrement, la stéganographie s’en distingue pourtant nettement. Bien que le message stéganographique puisse lui aussi être codé et dissimulé, sa spécificité réside dans le fait qu’elle cherche également à masquer l’existence même du message, en le dissimulant dans un support anodin. En ce sens, le message stéganographique est caché à la vue de tous.
Bien que la stéganographie soit aujourd’hui associée à notre univers numérique et à la pratique de cacher des images/données à l’intérieur de d’autres images/données, son histoire et ses origines peuvent en fait être retracées jusqu’à l’ère de la Grèce antique. Se dissimulant sous la forme de poèmes, de tatouages sur le corps d’esclaves, de photographies microscopiques dans un texte ou de lettres volontairement jaunies et abandonnées au sol, les messages issus de la stéganographie ont traversé les époques et se sont adaptés aux nouvelles technologies .
Pendant longtemps, la stéganographie s’est principalement manifesté sous forme de textes en tous genres. Toutefois, avec l’avènement de l’ordinateur , d’Internet et des nombreux formats de fichiers permettant le partage de contenus variés, cette pratique du message dissimulé s’est considérablement diversifiée. En effet, elle peut être désormais s’appliquer à des supports tel que l’image, la vidéo ou l’audio sous forme numérique. Un exemple frappant et troublant de cette pratique remonte à 2012, lorsqu’un membre pakistanais d’ Al-Qaida a été arrêté par les forces allemandes en possession d’une vidéo pornographique dont le code dissimulait des plans relatifs à une future attaque terroriste. A notre époque, le fichier stéganographique, qu’il soit vidéo, photo ou audio, devient ainsi un véritable véhicule pour les messages caché. Une légère modification du bitmap d’un fichier suffit à dissimuler d’autres contenus, à l’aide d’outils de stéganographie numérique tels que Jsteg ou Steghide. Il suffit ensuite que le destinataire possède la clé correspondant au fichier dissimulé pour que la transmission s’effectue sans éveiller le moindre soupçon.











